Sur le Ring

"THIS GUY IS A PIECE OF STEEL COMING STRAIGHT FROM HELL"
Maurice G. Dantec in Ring Magazine

FIGHT BEST OF 2009 : http://www.dailymotion.com/video/x877c7_karl-amoussou-highlights-2009_sport

EPISODE UN : HOLLAND MILLENIUM

Karl Amoussou est le plus grand espoir français du MMA. Déterminé, subversif, surentraîné,  ce combattant de 21 ans au regard d'acier est l'absolue synthèse du 21ème siècle martial.
Avec son style machinique et félin, son mental de Légionnaire, le nouveau prodige des rings annonce la couleur : "J'ai 23 ans et je suis une déclaration de guerre."

interviews par David Kersan

  • Octobre 2006

Cher Karl, que savais-tu de ton adversaire ?

Pas grand chose à part qu'il était bien plus expérimenté que moi (une vingtaine de combats pro à son actif) et que d'après ses statistiques c'était un puncheur.

Raconte nous ton combat, il a tenu plus de 30 secondes cette fois !

En effet, il a tenu 1min30 cette fois-ci. Mon but n'est pas de gagner en 30 secondes à chaque fois (rires), mais surtout de gagner avec la manière.

La route vers le Pride apparaît encore plus nette.

C'est mon objectif. J'espère y combattre en 2007 et si je m'entraîne sérieusement, j'y arriverai. Contre qui ? Peu importe, je ne crains personne...

On voit ta colère à la fin du match, à qui était destinée cette dédicace très spéciale ?

Cette dédicace était destinée aux bâtards, comme je l'ai si tendrement annoncé. En effet, depuis des mois je me fais violemment critiquer sur le net et ailleurs (mais étrangement jamais en face) par des gens qui me jalousent. Les raisons sont simples : on dit que je suis pistonné par mon frère pour les combats (c'est certain qu'il m'ouvre des portes et je serais idiot de ne pas en profiter) ; il paraît aussi que je suis dopé. N'est-il pas logique d'avoir un physique athlétique et une bonne endurance en ayant pratiqué le judo pendant 17 ans et en se préparant intensivement pour chaque combat ? On a aussi dit que Fightsport avait payé Jacaré, le quintuple champion du monde de ju-jitsu pour qu'il ne me soumette pas, lors d'un combat de grappling. D'ailleurs, lors de ce combat (en France), j'avais été accueilli sous les huées de la foule, alors que mon adversaire brésilien était, quant à lui, acclamé par mes détracteurs... Bel exemple de solidarité patriotique.

Bref, cette dédicace était une manière de dire que je venais de prouver une nouvelle fois ma valeur en tant que combattant et que, quoi qu'on dise, quand on est sur un ring ou dans une cage face à un adversaire qui veut en découdre, il n'y a plus de piston qui tienne. Mais je crois que ça ne suffit encore pas. Comme je l'ai dit lors de cette dédicace, ce n'est que le début, vous allez me voir pendant encore
longtemps. Je vais avoir 21 ans et je sais précisement où je vais. Je sais aussi qui me soutient. Cela dit, je remercie le public qui m'encourage sainement. Je ne les décevrai pas. En revanche, je présente  mes excuses auprès des pathétiques batârds du net car je risque de les décevoir et de les rendre très malheureux, les pauvres... Ils n'ont pas fini d'entendre parler de moi. Préparez des mouchoirs car vos larmes vont couler.

Allez, à très bientôt ma petite bande de batârds.

VOIR LE COMBAT EN VIDEO









EPISODE DEUX : FROM RUSSIA, WITH GLOVES

Karl Amoussou est de retour. De Russie, et ça n'a pas traîné... Un peu plus d'une minute pour désinfecter une star montante moscovite du ring de la plus prestigieuse organisation russe, le M-1. C'est dans une salle surexcitée et acquise à la cause de son espoir venu du froid que la nouvelle bombe à fragmentation tricolore à pris une minute pour mettre tout le monde d'accord, y compris son coach et grand frère, Bertrand Amoussou. Oui, Vivement le Pride.

Entretien exclusif et la vidéo du combat en fin d'interview.

par David Kersan



Bonjour Karl, comment vas tu ? As tu récupéré de ta blessure à la main ?

Salut David, tout va pour le mieux. Je n'ai pas complètement récupéré de ma blessure mais ça ne m'empêche pas de m'entraîner. J'ai dû m'armer de patience pour retrouver petit à petit ma meilleure forme physique. Psychologiquement, c'était dur, mais ce genre d'épreuves me rendent plus fort.
 
Que s'est-il passé dans ta vie de combattant depuis le combat que Ring a médiatisé ?

Je dois dire que Ring m'a fait une bonne publicité ; ça à également permis au public de connaitre quelque traits de ma personnalité.
 
Raconte nous les derniers jours de préparation avant ton combat en russie, au M-1 (première organisation Russe de free-fight)

J'ai quasiment pris une semaine de récupération avant le combat car je souffrais d'une grosse inflamation aux tibias (periostite) et j'ai subi une infiltration du genou dans la semaine. Je pouvais me le permettre car j'étais prêt, j'ai fait toute ma préparation avec mon très bon ami David Taïeb à l'école de police (un excellent sparring) et bien sur avec mon ami Chong-li avec qui je m'entraîne depuis des années.

Ce Russe était favori ?

Il sortait de 3 victoires par ko au M-1, c'était le type le plus applaudi du tournoi lors de la présentation des combattants. Je l'ai vu à l'échauffement, il savait tout faire, très bon en pied/poing et en lutte, plutôt pas mal au sol. Je me suis dit que ça allait être une longue guerre. Son attitude était glaciale.
 
Sur la vidéo, on imagine que quelque chose se passe devant l'arbitre, que vos regards ne se lâchent pas. Tu n'as jamais douté ?

Pour être tout à fait franc, j'ai ressenti un doute pendant l'échauffement car j'ai eu mal à la main. En revanche tout doute avait disparu au moment de faire mon entrée sur le ring. Ce n'est pas lui qui m'a fait douter, mais ma main tout simplement. Aucun adversaire ne peut me faire douter, je ne crains absolument personne et pour être tout à fait minimal et réalise, si je veux être le meilleur, je vais devoir battre tout le monde. Quant à son regard... Rien ne peut me faire plus plaisir que ça. Un mec qui veut me mettre la pression, c'est ce qui me met le plus en confiance pour un combat. Pendant ce face à face j'avais un petit sourire maléfique et je me disais: "mon pauvre, si tu savais... Si seulement tu pouvais imaginer ce que tu vas prendre..."
 
La vidéo a été réalisé par une de tes victimes, tu nous racontes ?

Le terme victime ne correspond pas du tout à ce mec. Il était mon dernier adversaire (celui que vous avez pu voir en vidéo sur Ring, face à moi), Brian Maulany, un mec bien et un vrai samouraï pour qui j'ai un profond respect, on est devenus très amis. C'est lui qui m'a filmé.
 
Au Japon, j'ai appris que le Pride serait déjà prêt à t'accueillir.

On verra ce que le destin me réserve.
 
Quel est ton prochain calendrier ?

Un combat au Cage Warriors le 28 avril face à Alex Cook, et un combat le 2 juin face à Piotr Baginsky en Pologne.
 
Tu as un petit mot personnel à faire passer ?

Je m'entraîne dur et j'ai très faim. Je ne suis pas encore le meilleur à mon poids mais je veux faire savoir ç tous mes adversaires que je le deviendrai bientôt. Une version personne des bons baisers de Russie...

Pour voir la vidéo du combat : http://www.youtube.com puis taper Karl Amoussou (premier lien  : "match in Russia")

 



Episode 3 : You will experience the karl machine

Le RPG du MMA français vient d'envoyer un nouveau combattant sur la liste noire de son palmarès, celle qui signale, archive, sépare et agglomère the belt limits. La sensation Karl Amoussou délivre toujours le même tonnerre à la surface du ring :

Oh Yeah, U will experience the ice machine.

David Kersan

Bonjour Karl, tu viens de rentrer du Japon. Comment s'est passée ta préparation pour ce combat ?
Bonjour David. Pour ce combat, j'ai fait une bonne vieille préparation  "à l'ancienne". Etant donné que mes clubs (team Amoussou et Haute Tension) sont fermés pendant la période estivale, je me suis entrainé dans mon garage, au sac, et avec des amis qui m'ont servi de sparring partners ou m'ont fait faire des exercices au pao. Je remercie Guillaume, Mathieu, Chong-Li, et le poids lourd de la team France, en la personne de Commando.
A côté de ça, Kamel Chouaref me donnait un cours particulier de kick par semaine. Il m'a pris sous son aile et je progresse vraiment à ses côtés. C'était ma façon de lui témoigner ma reconnaissance et mon respect que de combattre en portant son short.
J'ai entendu que tu as lancé un défi à ton adversaire lors de la conférence de presse. Que savais-tu de lui ?
Je ne savais strictement rien. Je devais affronter un certain Jason Bukich, et j'ai su que l'adversaire serait finalement Mike Dolce seulement à l'issue de la pesée ! 
En fait, l'homme était un peu comme moi, très provocateur et sûr de lui. J'adore ce genre d'adversaire, et quand il y a une bonne rivalité, le show n'en est que plus beau. J'ai donc annoncé publiquement, en le montrant du doigt, qu'il y aurait du sang et qu'il serait KO. Je crois qu'il a apprecié et que ça l'a même motivé.
En rentrant chez moi, je suis allé sur Internet pour regarder ses combats. C'est un vétéran du TUF, The Ultimate Fighter, et il avait l'air de frapper fort.
Comment s'est déroulé le combat ?
Entrée fracassante, d'un côté comme de l'autre. Nous nous sommes littéralement percutés. Cela a fait très mal dès le début. On est parti fort. Trop fort : j'ai été touché plusieurs fois, lui aussi ; en fin de premier round, j'ai reçu un genou dans les dents, j'ai adoré ça.  Après le coup de genou, je voyais double, et c'est con mais, à ce moment-là,  j'ai pensé à Rocky 4, lorsque Stallone disait "j'en vois deux comme lui" ; son homme de coin lui dit "vises-en un, et frappe-le" ; j'ai fermé un oeil et j'ai frappé un des deux hommes que je voyais. Coup de chance, c'etait le bon ! (rires)
La première reprise s'est déroulée quasiment debout, dans son intégralité. Pendant le break, Bertrand (Amoussou, coach et frère aîné de Karl, NdR) m'a conseillé de combattre d'une facon plus réfléchie et il avait raison. A ce jeu-là, il y aurait eu un KO à coup sûr. Cependant, impossible de dire de quel côté ! En revanche, les spectateurs appréciaient ! Dès la reprise, j'ai mieux géré, tourné autour de Dolce, varié les niveaux de frappe, low kick, middle kick, high kick. Le tout de ma jambe arrière. Je sentais qu'il faiblissait. Puis un middle est passé, il est tombé en tendant sa main pour abandonner, je me suis relâché mais l'arbitre n'est pas intervenu. J'ai alors fait en sorte qu'il le fasse et me suis jeté sur Dolce pour le finir en ground and pound. Cette fois-ci, l'arbitre a stoppé le combat.


Tu es policier, au civil.  Comptes-tu intégrer les forces spéciales ou renoncer à ton poste, à terme, pour te consacrer exclusivement au free fight ?
Je compte intégrer un groupe d'intervention tout en continuant le free fight. C'est vrai qu'il est difficile de combiner les deux, mais il faut savoir faire des sacrifices pour atteindre ses objectifs. Et pour mon équilibre, j'ai besoin des deux.
Quel est ton objectif pour cette année 2008 ?
J'ai vraiment très envie de combattre dans une grande organisation comme le Dream, de rencontrer des têtes de série... et de les battre.
As-tu vu le dernier combat de Fedor contre Tim Sylvia ? Je me suis posé une question à son issue. Que peut-on faire contre Dieu ?
J'ai vu le combat. Ce mec est une machine. Pour battre un Dieu, je pense qu'il faut devenir un Dieu soi-même.


Propos recueillis par David Kersan

Janvier 2009

KARL AMOUSSOU : "JE NE COMBATTRAI PLUS JAMAIS EN FRANCE"

Karl 'Psycho' Amoussou a encore frappé ce samedi 10 janvier au stade Pierre de Coubertin face à un Grégory Babene déterminé à le faire plier. Au programme : trois slams dévastateurs qui font désormais polémique sur internet, un public presque entièrement hostile au prodige de 23 ans, l'écume aux lèvres, le huant et l'insultant copieusement. Karl pouvait vraiment s'attendre à un authentique cauchemard en cas de défaite. Mais...

Interview post-fight du premier Punk du free fight hexagonal.
Par David Kersan

Tu as gagné le main event du 100% Fight de ce 10 janvier 2009 au stade Pierre de Coubertin, premier évènement de free-fight médiatisé à ce niveau en France. Comment t'es tu préparé pour ce combat ?

Une préparation intense de 3 semaines sachant que je m'entraîne toute l'année pour être prêt à combattre en permanence. Mon rythme classique est de m'entraîner 4 ou 5 fois par semaine, là je suis monté à 7 à 8 fois par semaine, alors que je travaille en même temps. J'ai fait également des sparrings avec tous les combattants du team Haute Tension.

Tu as été sifflé outrageusement dès ton arrivée sur le ring. Est-ce que ça a joué particulièrement sur ton mental ?

Oui, ça a joué sur mon mental... positivement ! Quand on cherche à me descendre, je me redresse davantage.

Après un début compliqué en stand up face à un Grégory Babene maître en boxe thaï, tu décides vite d'emmener le combat au sol.

En stand up, je l'ai senti légèrement un niveau au dessus de moi, donc j'ai compris que la solution viendrait du sol, c'est du mma, pas de la boxe thaï, et comme mon spécial c'est le Judo, j'ai laissé parler ma discipline de prédilection. Et j'ai gagné.

Tes projections ont stupéfait le stade et une polémique enfla vite sur internet : sur un triangle presque verouillé de Babene, tu décides de le slammer tête contre sol, slams polémiques qui seront à la limite de te disqualifier. La règle avait-elle été énoncée clairement au départ ou ce fut le flou intégral ?

Je ne voulais pas le slammer sur la tête, je n'ai pas prémédité la collision de son crâne sur le sol, cela c'est fait ainsi, mon visage était bloqué contre sa cuisse et la visibilité quasi-nulle. Dans ce type de situation, on ne peut pas voir distinctement comment on projette son adversaire, et s'il avait si mal que ça, il n'avait qu'à lâcher. Moi, si je suis dans cette position là, je vais lâcher prise pour éviter de me faire slammer. Quand Randleman a slammé Fedor sur la nuque ou Quinton Jackson sur Arona, tout le monde faisait le plein d'adrénaline, quand c'est moi, on me descend. Et d'autre part, que ce soit clair une bonne fois pour toutes : l'arbitre n'avait qu'à faire son travail et me sanctionner. Il m'a d'ailleurs sanctionné au 3ème slam puisque j'ai perdu aux points le round en question.

Les règles en présence lors de cet Event étaient celles du Pancrace car en France, même si le MMA est "légalisé", il reste que les coups au sol sont interdits. As-tu l'impression d'évoluer dans le même sport qu'à l'étranger ?

Même si la différence peut paraître légère, c'est vrai qu'au final, ce n'est pas vraiment la même discipline.

Finalement, tu plies le combat sur un Juji Gatame et Badene abandonne...

Non, il abandonne deux fois. Il avait deja abandonné sur la clé de cheville lors du premier ou second round, je ne sais plus. Il a tapé clairement, tout le monde l'a vu sauf l'arbitre mais ça, par contre, ça ne choque personne quand ça me concerne. Cette erreur de l'arbitre aurait pu me coûter la victoire. Ensuite Je l'ai projeté plusieurs fois et je l'ai fini sur un Juji Gatame, effectivement. Sur la dernière projection, j'ai vu qu'il était KO alors je suis tout de suite passé en position montée pour le finaliser avec le Juji. Et qu'on ne viennent plus raconter qu'il était affaibli par les slams. Il a eu du temps pour récupérer, et s'il ne se sentait pas apte, il n'avait qu'à le dire à l'arbitre et un no-constest aurait été déclaré. Il est d'ailleurs reparti très fort en pied poing juste après.

A l'issu du combat, la foule te hue encore plus fort qu'à ton arrivée, te siffle et semble vouloir punir cette nouvelle victoire. Tu avais des fans, évidemment, mais l'hostilité dominait. Comment juges-tu ce comportement aujourd'hui ?

Tout le monde a déclaré avoir sifflé à cause des slams, seulement lors de mon entrée, je ne pense pas l'avoir déjà slammé, si ? Pourtant les gens m'insultaient, me traitait de sale keuf, de fils de pute, de sale batard... C'est mon assurance qui les a rendu enragés et leur a mis l'écume aux lèvres. Le trailer de l'event leur a déplu visiblement... mais qu'y avait il de si choquant ? Je suis un garçon direct et on me prend aussi pour faire le show. Point barre.

Beaucoup te voit affronter Professor X, qui était présent dans le coin. Souhaites tu l'affronter ? As tu un message à lui faire passer ?

J'ai parlé avec lui a la fin du combat et je lui ai dit que je souhaitait l'affronter ultérieurement, car c'est un très bon combattant. Seulement, s'il veut m'affronter, ce combat n'aura pas lieu en France car que les choses soient claires et comprises à la lettre par tout le monde : je ne combattrai plus jamais en France, ni en Pancrase ni même en Grappling. Certains pardonnent, moi pas.

Des remerciements pour la fin ?

Avant tout je remercie toute la team Haute Tension qui m'a soutenu et aidé dans ma préparation, la partie du public qui était derrière moi, ou sans être derrière moi, l'autre partie du public restée respectueuse. Je remercie particulièrement tout ceux qui m'ont sifflé car ils m'ont aussi donné la force de ne pas leur donner ce qu'ils attendaient, ainsi que mes coach Jean marie Merchet et mon frère Bertrand Amoussou, ma famille et amis qui étaient présents, les personnes qui m'envoient des messages de soutien via Facebook et Atch pour tout ce qu'il fait pour développer le mma en France et pour son event merveilleux. Un dernier et grand merci à mes frères Makhtar et Paco.